N’isolons pas les étudiants français en Allemagne

De Hugo-Louis Leclerc / Photo de Frederick Florin AFP

Vers notre explication vidéo: https://www.instagram.com/tv/CLVDBGGii7z/?utm_source=ig_web_copy_link

Depuis quelques semaines, partculièrement en France, s’engage un débat sociétal autour de la façon dont les étudiants vivent leur années d’études au temps du COVID-19. La précarité et l’isolement social entres autres ont rendu les temps moroses pour beaucoup.

Etudiant français en Allemagne, nous vivons également avec des restrictions qui touchent notre vie sociale et universitaire. Dans un tel climat, il est essentiel pour nous de pouvoir compter sur la possibilité de revenir chez nous, auprès de nos familles. Cet échapatoire est cependant rendu compliqué depuis maintenant un an. Réduction des dessertes ferroviaires, augmentation des prix des billets et mesures prises par les deux pays pour l’entrée sur le territoire.

Alors que nous avions par exemple l’obligation de se mettre en quarantaine pendant près de 15 jours après l’été, certains Länder ont desormais exempté les ressortissants français de cette mesure. Reste l’obligation de test PCR ou antigéniques 48 heures avant l’arrivée en Allemagne, test que vous pouvez donc faire en France, remboursé par la Sécurité sociale et desormais possible de façon globalement rapide et facilité.

Depuis le 1er février dernier, toute personne qui souhaite se rendre en France doit obligatoirement présenter le résultat d’un test PCR négatif de moins de 72 heures à son arrivée sur le territoire.

Cela signifie concrètement que pour rentrer chez nous, en France, nous devons effectuer en Allemagne un test PCR uniquement, les tests antigéniques ne semblant pas être acceptés.

Il faut savoir qu’en Allemagne et en particulier ici à Cologne, faire un test coûte 114€ (39€ de test et 75€ de coûts de laboratoire). L’Assurance maladie rembourse ensuite sur la base d’un forfait de 60€. En clair, en plus de devoir avancer ces frais, le coût pour un étudiant est de 54€ pour rentrer sur le territoire.

Sans ce test, vous êtes soit refoulé de votre train, soit verbalisé à l’entrée en France lors de contrôles de police aléatoires à hauteur de 135€.

Considérons-nous vraiment que les étudiants, qui rentrent chez eux, soient à ce point visés comme des citoyens tous en capacité à dépenser cette somme pour un test avant leur arrivée en France ou comme des citoyens en infraction s’ils ne peuvent se le permettre mais souhaitent revoir leur famille ? Alors que les habitants des zones transfrontalières ont bénéficié d’une exception, pourquoi ne tenons-nous pas compte des étudiants qui à ce même titre ne font pas du tourisme ?

Depuis le début de la crise, les étudiants français étudiants en Allemagne – et d’ailleurs inversement – se retrouvent ballotés entre les mesures qui restreignent les déplacements entre nos deux pays dans le contexte actuel. Si ces mesures sont légitimes pour freiner l’épidémie en France comme en Allemagne, il n’en reste pas moins que les étudiants ont vu leurs repères chamboulés par ces restrictions.

Les étudiants qui souhaitaient rentrer chez eux auprès de leurs familles ont vu cette perspective s’éloigner face à la complexité de ces restrictions qui ne sont absolument pas harmonisées à l’échelle européenne.

Nous proposons plusieurs solutions à cette situation, dont les étudiants européens devraient bénéficier :   La première d’entre elle serait d’accepter les tests antigéniques, moins cher et rentrant dans le forfait de remboursement de l’Assurance maladie.

La seconde serait la revalorisation du forfait de remboursement de l’Assurance maladie.

Enfin, une dérogation à l’obligation d’un test à l’arrivée en France, que l’on accorde par ailleurs sur dérogation consulaire dans le cas de l’impossibilité de se faire tester dans son pays de résidence.  

Il nous parait légitime de considérer que, d’autant plus dans le contexte actuel, les étudiants puissent avoir le droit de rentrer chez eux en France, auprès de leurs familles.

Les conditions actuelles d’enseignement à distance et la morosité du climat ambiant ont dégradé les conditions de vies de chacun et nous touchent d’autant plus lorsque vous êtes un étudiant vivant à l’étranger.

Nous voulons donc attirer l’attention du gouvernement et des mécanismes de coopération franco-allemands en appelant à penser les déplacements franco-allemands au-delà des bassins transfrontaliers.

Ne considérons que les français de l’étranger soient seulement de riches expatriés, pensons au fait que si ces mesures s’intègrent dans le combat contre l’épidémie, nous gagnerions tous à ne pas prendre des mesures réfractaires qui pénaliseraient ceux qui sont différemment touchés par le contexte actuel et les mesures prises au-delà du territoire métropolitain.

Ne renonçons pas non plus à créer les conditions d’une harmonisation européenne sur les déplacements des ressortissants européens, de manière à ce que l’espace Schengen ne soit pas mis de côté durant cette période où il prend justement tout son sens.

Comment (1)

Comments are closed.

Start typing and press Enter to search

Shopping Cart