Un Green Deal tout d’abord franco-allemand?

Par Nicoletta Maier

Un trajet Bordeaux-Cologne avec une compagnie d’aviation low cost ne vous coûte en moyenne qu’une trentaine d’euros. Cependant, il faut compter au moins 150 euros avant d’apercevoir les deux pointes du Dom d’un siège de ICE. En signant le traité d’Aix la Chapelle, nos deux nations ont fait le pari de renforcer d’avantage leur coopération. Il est venu le temps pour le couple franco-allemand de mener la cadence de la mise en oeuvre du green deal.

Alors qu’Ursula von der Leyen affiche l’objectif de rendre l’Europe climatiquement neutre en 2050, la France et l’Allemagne de leur côté doivent désormais prouver leur exemplarité sous forme d’engagements concrets.

Un quart des émissions de CO2 de l’Union Européenne proviennent de L’Allemagne (22,5%) tandis que la France est tristement quatrième sur le podium avec une part de 10% dans le total des émissions de CO2 de l’UE.

Ces deux pays moteurs de l’engagement européen, qui ont par ailleurs récemment affirmé publiquement leur volonté de coopération restent deux gros pollueurs : Un quart des émissions de CO2 de l’Union Européenne proviennent de L’Allemagne (22,5%) tandis que la France est tristement quatrième sur le podium avec une part de 10% dans le total des émissions de CO2 de l’UE.

Outre la neutralité climatique, on compte parmi les objectifs premiers du Green Deal, celui d’un détachement total de l’énergie fossile d’ici 2030, l’actualisation des plans nationaux pour le Climat d’ici 2023 ainsi que l’introduction de stratégie “just transition” visant à soutenir dans leur transition énergétique, les pays particulièrement touchés.

Le budget annoncé par la présidente de la commission pour soutenir cette initiative est de100 milliards d’euros. Il est au tandem franco-allemand d’ouvrir la valse afin de surpasser ces objectifs. Le respect de ces buts communs est régit par l’importance de réorienter les flux financiers et les investissements de chaque pays. Il est à la France et à L’Allemagne de soutenir l’affectation d’au moins 40% du budget européen à venir à l’action climatique.

Il est à la France et surtout à l’Allemagne de supprimer progressivement les subventions directes et indirectes aux énergies fossiles. Comment les pays moteurs de L’UE peuvent-ils encore se montrer divisé face à une question aussi cruciale que le nucléaire et les énergies renouvelables? L’Allemagne à beau s’être montrée pionnière en annonçant sa sortie du nucléaire civil en 2000. Cependant, une grande majorité de sa production d’énergie actuelle est issue d’énergies fossiles et de nucléaire importé. Une position bilatérale, claire et unanime aurait été un message catégorique aux autres pays membres tout comme aux citoyens européens.

Il est à la France et à l’Allemagne de coopérer afin de renforcer la tarification carbone dans tous les secteurs. Il est au tandem de travailler ensemble pour améliorer l’ambition climatique de la prochaine Politique Agricole Commune. Il est aussi aux deux puissances européennes de montrer l’exemple non plus seulement au sein de l’UE, mais également à l’échelle internationale en usant de leur politique commerciale et en refusant la ratification d’accords commerciaux contraires aux accords de Paris en en affectant une partie de leurs financements publics aux pays en développement.

Et enfin, la crédibilité de ces engagements dépend de la capacité du couple à établir une coopération bilatérale des transports entre ses deux pays. Il est urgent de développer une fiscalité commune sur l’aviation. Ainsi que de développer des transports climatiquement neutres entre nos deux pays en créant des prix ferroviaires attractifs pour les milliers de franco-allemands qui passent régulièrement la frontière en incitant un tourisme vert et abordable.

Il est urgent de créer une plateforme binationale facilitant le voyage ferroviaire tout en le rendant plus attractif et clair pour leur citoyens.

À quand le création d’un site bilatéral de transports? Compte tenu du nombre de voyageurs entre nos deux pays, il est urgent de créer une plateforme binationale facilitant le voyage ferroviaire tout en le rendant plus attractif et clair pour leur citoyens. Il serait également possible d’imaginer des cartes de réductions franco-allemandes voire européennes afin d’éviter aux jeunes, aux seniors et aux familles de payer doublement ces frais.

Tout comme l’ont proposé un grand nombre d’ONG françaises et allemandes notamment: Greenpeace, WWF, DNR et Oxfam c’est d’un sommet franco-allemand sur le climat que l’on aurait besoin. Celui-ci pourrait selon leur propositions se dérouler au moment du Conseil des Ministres Franco-Allemands (CMFA).

Nos deux pays doivent désormais prouver à leur citoyens et sous le regard d’une Europe divisée, qu’ils sont en mesure de mettre en oeuvres leur promesse de coopération scellée par le traité d’Aix la Chapelle. Ainsi, ils se doivent d’assumer leur place d’exemples européens en surpassant unanimement les objectifs du green deal. Un billet Bordeaux-Cologne abordable serait l’amorce de cette résolution.

Illustration de René Leroy

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